lundi 10 avril 2017

He Yifu, Au-delà de l'image: poèmes à voir [Exposition]

En juin 2016, j'avais lu Voyage d'un peintre chinois à Paris de He Yifu (après des mois de recherches pour le trouver à un prix abordable). Alors quand j'ai vu qu'il y allait avoir une expo de certaines de ses œuvres dans le cadre de la semaine chinoise (organisée par l'Institut Confucius de Rennes), je me suis précipitée. J'ai retrouvé ce qui m'avais plu dans le livre: l'association d'aquarelles et de courts poèmes qui se font délicieusement échos, qui se magnifient l'un l'autre. Cela m'a fait un drôle d'effet de voire pour de vrai certaines aquarelles que j'avais vu dans le Voyage. C'était d'ailleurs la première fois que je me rendais de moi-même à une exposition (d'habitude c'est surtout en vacances l'été avec ma famille, et au départ c'était parce qu'il fait plus frais dans les galeries). Néanmoins, il convient de dire que les aquarelles de fleurs étaient en petit peu en-dessous du reste de l'expo. En effet, toute la poésie de l'art d'He Yifu s'exprime avec une intensité bien plus forte dans les paysages et les représentations de monuments.
Il ne faut pas aller loin pour comprendre pourquoi j'aime tant He Yifu: c'est parce qu'il me rappelle les Impressionnistes. De fait, He Yifu ne cherche pas à être réaliste mais créer une impression, une sensation chez cela qui regarde ses œuvres. Néanmoins, He Yifu est encore plus dans la suggestion, dans l'ellipse (au sens où il ne représente pas tout ce qui est présent dans la paysage qu'il voit). Il réalise un subtil jeu sur la transparence et l'opacité. Ainsi, certains éléments de ses dessins sont translucides  tandis que d'autres ont une couleur vive et des contours plus marqués. Il est intéressant de constater que les espaces vides participent à la construction de l'image, qu'ils deviennent des éléments qui la composent. Par ailleurs, le thème de la Nature est omniprésent, même lorsque l'artiste chinois représente des monuments de Paris. En effet, il semble qu'He Yifu cherche toujours à adopter un angle de vue qui révélera la présence de la Nature. Enfin, j'ai beaucoup aimé le fait qu'une vidéo montrant He Yifu peindre soit projetée. De fait, étant moi même incapable de peindre, voire l'artiste en train de créer rend encore plus impressionnant le résultat final. 

dimanche 2 avril 2017

Vu du Pont, écrit par Arthur Miller et mis en scène par Ivo Van Hove [Théâtre]


J'ai vu cette pièce de théâtre au tnb à Rennes. Le thème de la pièce - une histoire de dockers aux Etats-Unis - m'avais tout de suite séduite, étant donné que ce pays me fascine, notamment de part son offre culturelle énormissime. La question de l'accueil ou de rejet de l'étranger ainsi que de la traque des immigrés clandestins raisonne d'une incroyable acuité au vu du contexte géopolitique actuel. Au cours de la représentation, je me suis aperçue de l'existence d'un autre thème, celui du rapport au droit, ce qui m'a parlé étant donné que le droit est une des matières que j'étudie. 

Vu du Pont créée chez le spectateur des sentiments très forts mais parvient également à le faire rire. Des coups frappés régulièrement en coulisse font monter la tension dramatique tout au long de la pièce. La scène finale est à la fois grandiose et étouffante (je recherche comment créer une balise spoiler). Les comédiens étaient excellents, notamment Charles Berling qui joue le rôle d'Eddie Carbone. Le dispositif scénique est à noter. effectivement, Ivo Van Hove a fait le choix d'une scène trifrontale. Ainsi, l'on se retrouve face aux autres spectateurs, que l'on distingue mal dans la pénombre mais dont les visages tendus comme les nôtres participent également à l'instauration d'un climat dramatique.

Citations choisies:

"La loi ce n'est qu'un autre mot pour dire ce que l'on a le droit de faire"
"La justice ce n'est pas un livre"

(crédit photo: http://www.theatre-odeon.eu/fr/2015-2016/spectacles/vu-du-pont)